En bref : ouvrir une chatterie de garde impose une attestation de connaissances (ex-ACACED, 17 h minimum pour le chat), une déclaration avant l'ouverture, un vétérinaire sanitaire et des locaux conformes à l'arrêté du 19 juin 2025 : 2 m² par chat, plateformes en hauteur, cachettes et litières.
L'essentiel à retenir
- La garde de chats contre rémunération est une activité encadrée : au moins une personne au contact des animaux doit justifier d'une attestation de connaissances (ex-ACACED) — 17 heures de formation minimum pour une espèce, 21 h pour deux (chien + chat), depuis le 1er janvier 2025.
- L'établissement doit être déclaré avant l'ouverture (déclaration au préfet, via le fichier national d'identification pour les chiens et chats) et contrôlé par la DDPP de votre département.
- Les règles d'hébergement des chats sont fixées par l'arrêté du 19 juin 2025 (qui remplace l'arrêté du 3 avril 2014) : au moins 2 m² par chat, plateformes à différents niveaux, cachettes, griffoirs et bacs à litière en nombre suffisant.
- Un vétérinaire sanitaire doit être désigné, un règlement sanitaire écrit avec lui, et des registres tenus à jour (entrées/sorties, suivi sanitaire).
- Un contrat de garde écrit, signé par les deux parties et conservé 5 ans, est obligatoire pour chaque séjour (article 27 de l'arrêté du 19 juin 2025).
Ouvrir une pension féline, aussi appelée chatterie de garde, séduit de plus en plus de passionnés : moins bruyante qu'une pension canine, elle répond à une demande réelle des propriétaires de chats pendant les vacances. Mais ce métier n'est pas une simple garde d'ami·e : il obéit à une réglementation précise — formation, déclaration, normes d'hébergement, registres — dont la plupart des porteurs de projet découvrent l'ampleur après s'être lancés. Ce guide fait le tour des spécificités d'une pension féline en 2026, avec les textes officiels à jour et des repères concrets pour votre budget et votre organisation.
1. La pension féline est-elle une activité encadrée ?
Oui : héberger des chats contre rémunération relève de la garde d'animaux de compagnie (articles L. 214-6-1 et suivants du Code rural), qui impose connaissances, déclaration et locaux conformes ; c'est aussi une activité artisanale, immatriculée via le guichet unique depuis 2023.
Concrètement, la loi impose trois conditions pour exercer :
- justifier de connaissances sur les besoins des animaux (formation ou diplôme) ;
- déclarer son activité auprès de l'autorité administrative ;
- disposer de locaux conformes aux règles sanitaires et de protection animale.
La garde de chiens et de chats est par ailleurs une activité artisanale (article L. 111-1 du Code de l'artisanat) : l'immatriculation se fait via le guichet unique des formalités d'entreprises depuis 2023. Bon à savoir : la plupart des pensions félines démarrent en micro-entreprise, un statut simple adapté aux petites structures.
La formation obligatoire (ex-ACACED)
Toute personne en contact direct avec les animaux doit pouvoir justifier d'une attestation de connaissances — c'est ce qu'on appelait l'ACACED. Depuis l'arrêté du 26 novembre 2024 (en vigueur le 1er janvier 2025), la durée minimale de formation dépend du nombre de catégories d'animaux choisies :
- 17 heures pour une catégorie (chat seulement) ;
- 21 heures pour deux catégories (chat + chien) ;
- 25 heures pour trois catégories.
La formation doit être suivie dans un organisme habilité (liste fixée par l'arrêté du 28 juillet 2025), puis validée par une évaluation nationale. Comptez de 300 à 500 € selon l'organisme. L'attestation est valable 10 ans, puis une actualisation est nécessaire. Certains diplômes (bac pro CGEA option élevage canin/félin, BTSA productions animales, diplôme vétérinaire…) et l'ancien certificat de capacité (CCAD délivré avant 2016) valent équivalence : la liste exacte est fixée par arrêté et la DRAAF de votre région peut valider votre situation.
Bon à savoir : si vous envisagez d'accueillir aussi des chiens, passez la formation pour les deux catégories dès le départ (21 h) : le surcoût est minime par rapport à une seconde formation plus tard.
Le texte de référence : l'arrêté du 19 juin 2025
Les règles sanitaires et de protection animale sont fixées par l'arrêté du 19 juin 2025 (publié au JO du 2 juillet 2025, modifié par l'arrêté du 6 novembre 2025), qui remplace l'arrêté du 3 avril 2014. Il s'applique aux pensions, élevages, refuges et activités de vente et de transit de chiens, chats, furets et autres animaux de compagnie domestiques. C'est ce texte qui détaille les normes d'hébergement, les registres et le contrat de garde présentés ci-dessous.
2. Quelles sont les démarches DDPP, étape par étape ?
Six étapes : attestation de connaissances, création de l'entreprise au guichet unique, déclaration de l'établissement via le fichier national d'identification (I-CAD), désignation d'un vétérinaire sanitaire, règlement sanitaire rédigé avec lui et registres — comptez 2 à 4 mois avant l'ouverture.
Même si c'est la DDPP (Direction départementale de la protection des populations) qui contrôle votre activité, la déclaration initiale se fait aujourd'hui directement auprès de l'administration :
- Suivre la formation (ou faire reconnaître une équivalence) et obtenir l'attestation de connaissances.
- Créer l'entreprise via le guichet unique (immatriculation au registre national des entreprises).
- Déclarer l'établissement avant l'ouverture : pour les chiens et les chats, la déclaration s'effectue via le fichier national d'identification (I-CAD) et vaut déclaration au préfet ; pour les autres espèces, un formulaire Cerfa n° 15045 est utilisé. Un récépissé vous est délivré.
- Désigner un vétérinaire sanitaire et transmettre son consentement (articles R. 203-1 et suivants du Code rural).
- Rédiger le règlement sanitaire avec ce vétérinaire : plan de nettoyage et désinfection, règles d'hygiène, procédures de soins, durée de quarantaine.
- Préparer les registres obligatoires (voir plus bas) et afficher les informations réglementaires.
La déclaration doit être renouvelée à chaque changement d'exploitant, de nature d'activité, d'espèces détenues ou de conditions d'hébergement, et lors du changement de vétérinaire sanitaire. En pratique, prévoyez 2 à 4 mois entre la formation et l'ouverture (hors travaux d'aménagement, souvent le facteur limitant).
Conseil : contactez la DDPP de votre département avant de signer un bail ou de lancer des travaux : ses agents répondent volontiers aux porteurs de projet sérieux et vous évitent les mauvaises surprises sur la conformité des locaux.
Le vétérinaire sanitaire et le règlement sanitaire
Le vétérinaire sanitaire est votre interlocuteur santé : il visite les locaux au moins une fois par an (deux fois par an en règle générale, une fois par an pour les établissements de garde de chiens ou chats), valide le règlement sanitaire et signe ses comptes rendus. Ces visites sont consignées dans le registre de suivi sanitaire.
Les registres obligatoires
- Registre des entrées et sorties : pour les chiens et chats, il se tient via le fichier national d'identification, avec mise à jour sous 72 heures après chaque mouvement.
- Registre de suivi sanitaire et de santé : état de santé à l'entrée et à la sortie, soins, vaccinations, interventions vétérinaires, isolements. Les informations sont conservées 3 ans après la sortie de l'animal.
- Contrats de garde conservés 5 ans.
3. Comment aménager les locaux d'une pension féline ?
L'article 15 de l'arrêté du 19 juin 2025 impose au moins 2 m² par chat, des plateformes à différents niveaux, des cachettes, des griffoirs et des bacs à litière en nombre suffisant, ainsi qu'un local séparé pour les animaux malades et un système de détection et de lutte contre les incendies.
Un chat n'est pas un petit chien : c'est un animal territorial, sensible au stress et au changement d'environnement. L'arrêté du 19 juin 2025 consacre un titre entier aux spécificités des chats (article 15) :
L'espace : 2 m² par chat, en hauteur aussi
- 2 m² minimum par chat, en tout ou partie abrités des intempéries et du soleil ;
- des plateformes à différents niveaux en nombre suffisant, pour offrir à chaque chat une aire de repos et d'observation et la possibilité de s'éloigner des autres (la surface des plateformes de couchage compte dans les 2 m²) ;
- des couches confortables, des cachettes et des griffoirs en nombre suffisant ;
- des bacs à litière en nombre suffisant, d'une superficie adaptée, garnis d'une litière adéquate et absorbante.
En pratique, les chatteries professionnelles aménagent des boxes individuels ou des chambres partagées avec des chats compatibles, des arbres à chat, des étagères de repos et un accès à une zone extérieure sécurisée (enclos ou patio grillagé).
Le local d'isolement et la sécurité
L'arrêté impose un local séparé pour les animaux malades ou blessés, à l'écart des autres, spécialement aménagé pour les soins. Chaque arrivant doit être inspecté dans un emplacement séparé et au calme, puis observer une période d'acclimatation définie dans votre règlement sanitaire — c'est votre meilleure protection contre la propagation du coryza ou de la leucose. Les locaux doivent aussi disposer d'un système de détection et de lutte contre les incendies, d'une aération efficace, d'un éclairage naturel, et de matériaux lavables et désinfectables (sol non glissant, surfaces étanches).
4. Quelles sont les spécificités du chat en matière de santé et de bien-être ?
L'identification par puce est obligatoire (arrêté du 9 novembre 2023) et, si la loi n'impose aucun vaccin, une chatterie exige en pratique typhus, coryza et leucose à jour ; côté bien-être, chaque chat a besoin de cachettes, de hauteurs, de ses croquettes habituelles et de jeu quotidien.
Vaccins et identification
L'identification par puce électronique est obligatoire pour les chats (fichier national d'identification, arrêté du 9 novembre 2023) : vérifiez-la systématiquement à l'arrivée. Côté vaccins, la loi n'impose pas de vaccin précis aux pensions, mais une pension féline responsable exige un carnet de vaccination à jour — en pratique, les trois vaccins les plus demandés sont le typhus, le coryza et la leucose, car ce sont des maladies très contagieuses en collectivité. Mentionnez clairement vos exigences vaccinales dans vos conditions d'accueil et vérifiez les carnets avant de confirmer une réservation.
Gérer le stress et la cohabitation
- Arrivée en douceur : installez chaque chat dans son box avec sa couverture ou un vêtement qui sent la maison ; laissez-le sortir à son rythme.
- Cachettes et hauteurs : un chat stressé cherche à s'isoler et à dominer la pièce du regard — les plateformes en hauteur sont indispensables.
- Ne pas mélanger sans précaution : les chats sont territoriaux ; les présentations entre pensionnaires doivent être progressives et surveillées.
- Alimentation identique : gardez les croquettes habituelles du chat (fournies par le propriétaire) pour éviter les troubles digestifs.
- Jeux et contacts quotidiens : l'arrêté impose des moments de jeu et de contact interactif positif chaque jour.
5. Quelles assurances et quelle responsabilité pour une pension féline ?
Responsable des chats confiés, la pension doit souscrire une RC professionnelle couvrant la garde d'animaux (400 à 900 € par an) et établir pour chaque séjour un contrat de garde écrit en double exemplaire, obligatoire selon l'article 27 de l'arrêté du 19 juin 2025.
Vous êtes responsable des animaux qui vous sont confiés : fugue, blessure entre pensionnaires, accident pendant une sortie, dégradation… Vérifiez précisément les exclusions de votre contrat d'assurance : certaines assurances excluent les chats ou plafonnent l'indemnisation. Pensez aussi à déclarer l'activité à votre assureur habitation et, si vous avez des salariés ou des bénévoles, à vérifier la couverture de votre responsabilité d'employeur.
Le contrat de garde écrit est obligatoire (article 27 de l'arrêté du 19 juin 2025) : établi en double exemplaire et signé par les deux parties, il doit mentionner l'identité de l'établissement et du propriétaire, les dates de séjour, le numéro d'identification, la race et le sexe de l'animal, et l'engagement de la pension à héberger, nourrir et faire appel à un vétérinaire désigné conjointement si nécessaire. C'est votre filet de sécurité en cas de litige : faites signer avant chaque premier séjour.
6. À quoi ressemble la gestion quotidienne d'une chatterie ?
La journée commence par les repas, le changement des bacs à litière (au moins un bac par chat, plus un) et l'inspection de chaque pensionnaire ; le nettoyage suit un plan écrit exigé par le règlement sanitaire, et identification, carnet de vaccination et état général sont contrôlés à l'arrivée.
- Rituel du matin : distribution des repas, changement des bacs à litière (règle d'or : au moins un bac par chat + un), inspection visuelle de chaque pensionnaire.
- Nettoyage et désinfection : les boxes, gamelles et bacs suivent un plan de nettoyage écrit (fréquences, produits, responsabilités) — exigence du règlement sanitaire.
- Surveillance sanitaire : un chat qui ne mange pas ou se cache inhabituellement, c'est un signal. Notez tout dans le registre de suivi.
- Moments de jeu : chaque chat a besoin d'attention individuelle, surtout s'il est en box individuel.
- Arrivées et départs : contrôlez l'identification, le carnet de vaccination et l'état général à l'entrée ; notez l'état à la sortie.
La paperasse (fiches, registres, contrats) représente une part réelle du métier — c'est précisément ce que LogiPattes automatise : fiches par chat, planning des séjours, registres à jour et contrats signés à distance.
7. Combien coûte une pension féline ?
Hors local et gros travaux, une chatterie de garde se lance avec quelques milliers d'euros : 2 000 à 8 000 € d'aménagement intérieur, 1 500 à 6 000 € d'enclos extérieur, 300 à 500 € de formation, 1 000 à 3 000 € d'équipement et 400 à 900 € par an d'assurance RC pro.
Les montants varient fortement selon que vous partez d'un local existant ou que vous construisez. Notre guide complet du budget pour ouvrir une pension animale détaille chaque poste et ses pièges. À titre indicatif :
| Poste | Fourchette indicative |
|---|---|
| Formation (attestation de connaissances, 17–25 h) | 300 – 500 € |
| Aménagement d'une chatterie (boxes, plateformes, arbres à chat, litières) | 2 000 – 8 000 € |
| Zone extérieure sécurisée (enclos, grillage) | 1 500 – 6 000 € |
| Assurance responsabilité civile professionnelle | 400 – 900 € / an |
| Équipement courant (gamelles, couchages, produits d'entretien, vidéosurveillance) | 1 000 – 3 000 € |
| Visites du vétérinaire sanitaire | quelques centaines d'€ / an |
| Communication (site, fiche Google, panneaux) | 500 – 2 000 € |
Côté recettes, la garde d'un chat se facture en France le plus souvent entre 10 et 20 € par jour selon la région et les prestations (box individuel, pension familiale, envoi de photos…). Le remplissage est très saisonnier : étés et vacances scolaires complets, creux en novembre et janvier — d'où l'importance de suivre ses tarifs et son chiffre d'affaires dès la première année pour lisser l'activité.
Une question sur votre projet de pension ?
Nous accompagnons chaque jour les pensions canines et félines avec notre application de gestion. Parlez-nous de votre projet : nous répondons avec plaisir, sans démarchage.
Nous contacter Découvrir l'applicationVous voulez ouvrir votre pension ?
Une formation LogiPattes est en préparation pour vous accompagner de la réglementation au lancement. Laissez-nous votre email : soyez informé·e dès l'ouverture des inscriptions.
Être informé·e du lancementQuestions fréquentes
Faut-il un local séparé de ma maison pour une pension féline ?
Non, la « pension familiale » (chats hébergés dans la maison) est possible. Les obligations restent identiques : attestation de connaissances, déclaration, registres, vétérinaire sanitaire, contrat de garde. Vérifiez votre bail, votre règlement de copropriété et prévenez votre assureur habitation.
Combien de chats puis-je accueillir ?
La capacité n'est pas fixée par un nombre unique : elle dépend de la surface conforme (2 m² par chat minimum), de l'aménagement et de ce que vous déclarez. Votre DDPP et votre vétérinaire sanitaire peuvent valider un projet de capacité réaliste pour vos locaux.
L'ACACED est-elle obligatoire pour garder uniquement des chats ?
Oui — l'attestation de connaissances (ex-ACACED) est exigée pour toute personne au contact des animaux, même pour une garde exclusivement féline. Depuis 2025, la formation dure 17 heures minimum pour une catégorie (chat).
Puis-je garder les chats de mes voisins « en dépannage » sans déclarer ?
Dès que la garde est régulière ou rémunérée, c'est une activité professionnelle qui doit être déclarée. En dessous, le dépannage ponctuel entre particuliers ne relève pas de la réglementation des établissements — mais la limite est floue : en cas de doute, renseignez-vous auprès de la DDPP.
Quelles sont les différences avec une pension canine ?
Même cadre réglementaire global, mais des spécificités fortes côté chats : espace en hauteur et plateformes, bacs à litière, cachettes, gestion du stress et de la territorialité, vaccins coryza/typhus/leucose, et une saisonnalité moins marquée que pour les chiens (les chats partent en vacances toute l'année).
Sources et textes de référence (consultés en août 2026) : articles L. 214-6-1 et suivants du Code rural et de la pêche maritime (Légifrance) ; arrêté du 19 juin 2025 fixant les règles sanitaires et de protection animale pour les activités liées aux animaux de compagnie d'espèces domestiques (JO du 2 juillet 2025, modifié par l'arrêté du 6 novembre 2025) ; arrêté du 26 novembre 2024 relatif à la formation (17/21/25 h) et arrêté du 28 juillet 2025 (organismes habilités) ; arrêté du 9 novembre 2023 relatif à l'identification des chiens, chats et furets ; fiche « Garde de chiens et chats » (BPI France Création) ; fiche « Garde de chiens et chats » (INPI) ; fiche ACACED (DRAAF). Les montants indiqués sont des ordres de grandeur constatés, à ajuster selon votre projet. Pour les détails applicables à votre département, rapprochez-vous de la DDPP ou d'un vétérinaire sanitaire.