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Vaccins obligatoires en pension : que peut-on exiger des clients ?

Rage, CHPPiL, typhus, carnet de vaccination, carte d'identification… Entre ce que la loi impose et ce que votre pension peut légitimement exiger, difficile de s'y retrouver. Ce guide fait le point sur la vaccination chien pension avec les textes en vigueur en 2026 — pour protéger les animaux accueillis et vous couvrir juridiquement.

Publié le 16 août 2026 · Environ 10 minutes de lecture · Par l'équipe LogiPattes

En bref : Aucun vaccin n'est obligatoire par la loi pour un chien ou un chat de compagnie restant en France — la rage ne l'est que pour les chiens de 1ʳᵉ et 2ᵉ catégories et les voyages dans l'UE — mais une pension peut exiger par contrat des vaccins à jour et des justificatifs (carnet, carte I-CAD).

L'essentiel à retenir

  • Aucun vaccin n'est obligatoire pour un chien ou un chat de compagnie qui reste en France : la vaccination antirabique ne l'est que pour les chiens de 1ʳᵉ et 2ᵉ catégories et pour les voyages à l'étranger (UE).
  • Votre pension est libre de fixer ses conditions d'admission par contrat : vous pouvez exiger des vaccins « à jour » (CHPPiL, leptospirose, toux de chenil pour les chiens ; typhus, coryza pour les chats) et des justificatifs (carnet, passeport, carte d'identification I-CAD, ordonnances).
  • L'identification (puce ou tatouage) est obligatoire pour tous les chiens et chats : consignez le numéro dans le contrat de garde et vos registres.
  • En contrepartie, la pension a des obligations : déclaration d'activité (DDPP), vétérinaire sanitaire, règlement sanitaire écrit, registres, quarantaine de 5 jours pour les nouveaux arrivants.
  • Sanctions possibles en cas de manquement : jusqu'à 30 000 € d'amende pour défaut de déclaration après mise en demeure, contraventions, et jusqu'à 3 ans d'emprisonnement pour sévices graves.

Chaque été, la même question revient sur les groupes de gérants de pensions : « Puis-je refuser un chien dont les vaccins ne sont pas à jour ? » et son corollaire « Quels vaccins puis-je exiger ? ». La réponse tient en deux temps : ce que dit la loi, et ce que votre contrat vous permet d'imposer. Bonne nouvelle : la vaccination chien pension repose surtout sur la liberté contractuelle — à condition de bien rédiger vos conditions d'admission. On vous explique tout, textes à l'appui.

1. Quels vaccins sont vraiment obligatoires selon la loi ?

La France métropolitaine est indemne de rage depuis 2001 : la vaccination antirabique n'est exigée que pour les chiens de 1ʳᵉ et 2ᵉ catégories (art. L. 211-14 du Code rural) et les voyages dans l'UE (règlement n° 576/2013) ; seule l'identification I-CAD est obligatoire pour tous.

Premier réflexe à avoir : distinguer obligation légale, exigence contractuelle et recommandation vétérinaire. Beaucoup de gérants croient que la rage est obligatoire pour tous les chiens en France. C'est faux — et le dire à un client peut semer la méfiance.

La rage : obligatoire uniquement dans des cas précis

En France métropolitaine, la rage est absente depuis 2001 : les rares cas constatés viennent d'introductions clandestines depuis l'étranger. La vaccination antirabique n'est donc obligatoire que dans deux situations :

Pour tous les autres animaux, la rage reste recommandée par les vétérinaires — et vous pouvez tout à fait l'exiger dans votre contrat, c'est votre droit.

Bon à savoir pour les pensions : si vous gardez temporairement un chien de catégorie à la demande de son propriétaire, vous n'avez pas besoin du permis de détention vous-même (art. L. 211-14 V). Mais le propriétaire, lui, doit être en règle : permis + vaccination antirabique valide. Vérifiez-le avant l'admission.

Vétérinaire masqué préparant la vaccination d'un chien en clinique, assisté par un soigneur
Le rappel vaccinal canin : un acte vétérinaire, exigible par la pension au titre de ses conditions d'admission.

L'identification : obligatoire, elle, pour tous les chiens et chats

Puce électronique ou tatouage, tout chien et tout chat doit être identifié au Fichier national d'identification des carnivores domestiques (I-CAD), et un animal ne peut pas être cédé sans être identifié. C'est le seul « papier » réellement obligatoire : votre pension doit consigner le numéro d'identification dans le contrat de garde et pouvoir présenter la carte d'identification aux agents de contrôle.

2. Quels vaccins et justificatifs une pension peut-elle exiger ?

Par contrat, une pension peut exiger pour un chien le CHPPiL, la toux de chenil et la rage, pour un chat le typhus, le coryza et la leucose, ainsi que le carnet de vaccination, la carte d'identification I-CAD et les ordonnances en cours — à condition de l'écrire dans ses CGV.

Aucune loi n'impose ni n'interdit à une pension d'exiger des vaccins : c'est une condition d'admission librement fixée par contrat. Le socle, c'est l'article 27 de l'arrêté du 19 juin 2025 (qui a remplacé l'arrêté du 3 avril 2014) : tout accueil donne lieu à un contrat écrit en double exemplaire, signé par les deux parties et conservé 5 ans, avec l'identification de l'animal, les coordonnées du détenteur et une personne à contacter, la durée du séjour et les engagements de la pension.

Quels vaccins exiger pour un chien ?

Le consensus vétérinaire recommande, pour un chien qui va vivre en collectivité :

Quels vaccins exiger pour un chat ?

Les justificatifs à demander à l'arrivée

Pendant la garde, la pension doit être en mesure de présenter aux agents de contrôle la carte d'identification, le passeport s'il y a lieu, et les ordonnances de traitement en cours. Concrètement, demandez systématiquement :

Tout ce qui relève du contrat plutôt que de la loi doit être écrit noir sur blanc dans vos conditions d'admission (CGV) pour être opposable au client.

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3. Que ne peut pas imposer une pension ?

Une pension ne peut ni vacciner ou soigner elle-même (actes vétérinaires : elle administre les traitements sur ordonnance), ni exiger la stérilisation hors chiens de 1ʳᵉ catégorie, ni imposer un vaccin non autorisé en France ; un certificat de contre-indication la laisse libre d'accepter ou non.

La liberté contractuelle a des bornes. Trois pièges à éviter absolument :

Et si l'animal ne peut pas être vacciné ?

Une contre-indication médicale documentée par un certificat vétérinaire ne vous oblige à rien : vous restez libre d'accepter l'animal (avec des mesures d'isolement prévues au règlement sanitaire) ou de refuser l'admission. L'arrêté du 19 juin 2025 prévoit d'ailleurs l'hébergement individuel pour raison sanitaire ou comportementale, justifié dans le registre de suivi. Pour les chiots et chatons de moins de 12-16 semaines, une dérogation UE s'applique à la vaccination antirabique — utile si vous acceptez les jeunes animaux.

Vétérinaire en gants vaccinant un chaton sur table de consultation en clinique vétérinaire
La vaccination féline : typhus, coryza et leucose, des exigences raisonnables pour une chatterie.

4. Quelles sont les obligations de la pension de son côté ?

L'exploitant doit déclarer son activité à la DDPP au moins 30 jours avant l'ouverture, désigner un vétérinaire sanitaire et rédiger avec lui un règlement sanitaire, tenir ses registres (entrées/sorties à jour sous 72 h), isoler 5 jours les nouveaux arrivants et détenir l'ACACED.

Exiger des vaccins, c'est bien ; être soi-même en règle, c'est indispensable. Les obligations de l'exploitant sont précises :

Un point de vigilance : selon votre capacité, les obligations diffèrent. Jusqu'à 9 chiens/chats, pas d'ICPE ; dès 10 chiens de plus de 4 mois, votre pension relève de la rubrique 2120 (déclaration de 10 à 50 — enregistrement au-delà). Découvrez aussi notre guide sur le modèle familial ou en boxes selon votre projet.

Vétérinaire examinant un chien au stéthoscope en clinique lors du contrôle de son carnet de santé
Le contrôle du carnet de santé à l'entrée : un réflexe à systématiser pour chaque admission.

5. Que risque une pension qui ne respecte pas la réglementation ?

Jusqu'à 30 000 € d'amende pour défaut de déclaration ou installations non conformes après mise en demeure du préfet (art. L. 215-10 du Code rural), des contraventions de 3ᵉ et 4ᵉ classe pour les prescriptions non respectées, et jusqu'à 3 ans de prison et 45 000 € d'amende pour sévices graves.

Les sanctions existent et peuvent être lourdes :

Bien gérer les justificatifs et les registres, c'est donc aussi protéger votre activité. Un bon réflexe : centraliser les informations santé de chaque pensionnaire (vaccins, traitements, ordonnances) pour les retrouver en un clic, et générer le contrat de garde avec toutes les mentions obligatoires — c'est exactement ce que permet la gestion dématérialisée. Voyez comment structurer les fiches clients et animaux et envoyer vos contrats en ligne.

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Questions fréquentes

La vaccination antirabique est-elle obligatoire pour mettre mon chien en pension ?

Non, pas pour un chien de compagnie ordinaire qui reste en France : la rage n'est obligatoire que pour les chiens de 1ʳᵉ et 2ᵉ catégories et pour les voyages dans l'UE. En revanche, la pension peut l'exiger dans son contrat — c'est son droit, et beaucoup le font pour protéger l'ensemble des pensionnaires.

Quels vaccins une pension peut-elle exiger pour mon chien ? Pour mon chat ?

Elle peut exiger tout ce qu'elle écrit dans ses conditions d'admission, dans la limite des vaccins disponibles en France : CHPPiL, leptospirose et toux de chenil pour les chiens ; typhus, coryza et leucose pour les chats. Le carnet de vaccination à jour et la carte d'identification I-CAD sont les justificatifs standards.

Ma pension peut-elle refuser mon animal si ses vaccins ne sont pas à jour ?

Oui. Si la condition est écrite dans le contrat ou les CGV, la pension peut refuser l'admission. À l'inverse, si elle n'a rien prévu au contrat, elle ne peut pas l'invoquer au dernier moment. D'où l'importance de conditions d'admission claires.

Mon chien ne peut pas être vacciné pour raison médicale : que faire ?

Munissez-vous d'un certificat vétérinaire documentant la contre-indication. La pension reste libre d'accepter l'animal (avec isolement prévu au règlement sanitaire) ou de refuser. Certaines pensions acceptent, d'autres non : mieux vaut le signaler dès la réservation.

Quels documents dois-je fournir à la pension ?

Typiquement : le carnet de vaccination ou passeport à jour, la carte d'identification I-CAD (puce ou tatouage) et, si l'animal est sous traitement, les ordonnances en cours. Vérifiez la liste exacte dans les CGV de la pension.

La pension peut-elle vacciner ou soigner mon animal pendant son séjour ?

Non. Vacciner et soigner sont des actes vétérinaires réservés au vétérinaire. La pension ne fait qu'administrer les traitements prescrits, sur ordonnance, et consigne ces ordonnances dans son registre sanitaire.

Sources et textes de référence (consultés en août 2026) : arrêté du 19 juin 2025 fixant les règles sanitaires et de protection animale auxquelles doivent satisfaire les activités liées aux animaux de compagnie (JO du 2 juillet 2025, modifié par l'arrêté du 6 novembre 2025, abrogeant l'arrêté du 3 avril 2014, Légifrance) ; Code rural et de la pêche maritime, art. L. 211-14 (permis de détention et vaccination antirabique) et L. 215-10 (sanctions, Légifrance) ; règlement (UE) n° 576/2013 relatif aux mouvements non commerciaux d'animaux de compagnie (EUR-Lex) ; Service-Public.fr, « Avoir un chien ou un chat : quelles sont les règles ? » (F34877) et « Élevage de chiens et de chats : quelle est la réglementation ? » (F33452) ; ministère de l'Agriculture, « Déclarer une activité professionnelle en lien avec des animaux de compagnie » (mesdemarches.agriculture.gouv.fr) ; Le Point Vétérinaire, « La vaccination antirabique des carnivores domestiques en questions-réponses » (n° 1705) ; SNPCC, « Jusqu'à 9 chiens et/ou chats » (snpcc.com) ; Bpifrance Création, « Garde de chiens et chats — réglementation de l'activité » (bpifrance-creation.fr). Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil juridique : pour votre situation précise, rapprochez-vous de la DDPP du Lot et de votre vétérinaire sanitaire.